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« Le Casse du siècle » : ce que Sarah Knafo voit, et ce qu’elle ne voit pas encore


L'ouvrage de S. Knafo dénonce l'État prédateur, puis lui confie la solution. Un diagnostic libéral, un remède à moitié.
Auteur: Ulrich Fromy
Publié: 30 octobre 2026
« Le Casse du siècle » : ce que Sarah Knafo voit, et ce qu’elle ne voit pas encore
Sarah Knafo - LinkedIn

En France, tous les partis ne jurent que par l'intervention de l'État. Il est devenu habituel de dire que la classe politique est socialiste, les différences entre eux étant plutôt de l'ordre des nuances subtiles que de véritables désaccords de fond sur la manière d'envisager l'action publique et sa place dans la société.

C'est dans ce paysage que Sarah Knafo, députée européenne affiliée au parti Reconquête, publie « Le Casse du siècle » (Fayard, 2 septembre 2026). Le livre s'est vendu à plus de 265 000 exemplaires en six semaines, selon Edistat, et demeure toujours en tête des ventes d'essais. Ce n'est pas l'habituel livre de personnalité politique : c'est une attaque frontale contre la manière dont le système est géré. En France, c'est rare. C'est même unique. Reste à savoir jusqu'où elle va dans sa critique libérale du système.

« Follow the money »

Le livre suit une forme originale qui accroche le lecteur dès les premières pages : celle de l'enquête. La victime de cette immense affaire de vol est toute désignée et bien connue des réseaux sociaux : c'est Nicolas qui paie, le contribuable français moyen, vous comme moi. Pour retracer la piste du coupable, il faut, en reprenant les mots de l'informateur de Bob Woodward dans l'affaire du Watergate, « suivre l'argent », « Follow the money » en anglais. C'est de cette manière que Knafo avance au fil des pages, en partant de l'argent de Nicolas pour remonter jusqu'à ceux qui le prennent.

Et quoi de mieux pour mener l'enquête que de reprendre ce que tout le monde connaît : la fiche de paie de Nicolas Durand. C'est là l'une des qualités indéniables du livre : il fait preuve de pédagogie pour expliquer clairement et simplement comment chaque mois les Français perdent une partie substantielle de leur pouvoir d'achat, ponctionnée par l'État. Le lecteur prend rapidement conscience d’à quel point la différence entre le salaire brut et le salaire net est le prix de cette spoliation. Ainsi, alors que l'employeur verse au total 3 922 euros, le salarié ne touche que 2 079 euros nets en fin de mois. Entre les deux, elle écrit : « Il manque plus de 1 800 euros par mois. » Près de la moitié de ce que l'employeur a déboursé. Chaque mois, ce salaire est réduit de moitié avant même d'arriver sur le compte bancaire de Nicolas.

Le livre donne un nom à ce vol mensuel, celui de « casse du siècle ». Un événement inédit dans l'histoire de notre pays. Comme Knafo le mentionne justement, la France a connu des crises, des guerres, des révolutions, des effondrements... « Mais elle n'a jamais connu ça ». Elle n'a jamais connu ce mécanisme long et diffus, « qui prélève à chacun pour ne rendre à personne ».

Comme elle le décrit dans ce livre, ce casse n'est pas un complot dont le coupable est facilement identifiable. C'est un engrenage infernal où les différentes composantes institutionnelles et humaines s'autoalimentent.

Sarah Knafo n'est pas anarchiste, ni même libertarienne. Elle ne part pas en guerre ouverte contre l'impôt, le qualifiant de vol honteux ou d'atteinte à la propriété privée. Elle ne questionne pas son existence. Il est nécessaire selon elle, car sans lui, écrit-elle, au XIVe siècle, Charles V n'aurait pas pu financer une armée permanente et ainsi chasser les Anglais hors du royaume de France. Mettre en commun ce qu'un homme seul ne peut pas faire : « Jusque-là, il n'y a rien à redire. »

Selon l'auteure, le grief commence quand le prélèvement correspond à l'essentiel du salaire. L'image de la corvée utilisée dans le livre, ces journées de travail non rémunérées dues au seigneur, ramenée à notre époque, résume bien l'ampleur confiscatoire de l'impôt actuel. Quand l'État confisque 46 % de la richesse produite, à partir du 16 de chaque mois, vous travaillez « pour l'Administration, et pour elle seule ». Sous l'Ancien Régime, la corvée ne prenait que quelques jours par an. La corvée de la monarchie était plus légère que celle qu'impose aujourd'hui la République.

L'un des grands mérites du livre réside dans ses nombreux appels à ces sources chiffrées pour démontrer l'ampleur du casse. Parmi elles, le chiffre d'Eurostat : 46 % du PIB, ce qui fait de la France « le pays le plus taxé de toute la zone euro ». La Suisse quant à elle est à 27,1 %. D'où la question qui résume bien la première partie du livre une fois la fiche de salaire de Nicolas Durand détaillée : « Si vous payez bien plus qu'un Suisse et recevez bien moins, alors quelqu'un, quelque part, prend la différence. »

Et cette différence, qui est la marque visible du casse, ne concerne pas uniquement les prélèvements sur les revenus présents, elle s'étend aussi à l'après. Par exemple, l'héritage. Ce que l'État ne vous a pas pris durant vos années actives, il en reprendra une partie après votre mort. « Toute votre vie, on vous prend la moitié de ce que vous gagnez. Et le jour de votre mort, on revient chercher ce qui reste. »

Autre mérite du livre : l'auteur voit ce qu'on ne voit pas, les incitations à produire et à transmettre et les opportunités manquées, et avortées à cause de l'interventionnisme.

Ce qu'on ne voit pas, la grande force du livre

Le chapitre sur le préjudice s'ouvre sur une citation célèbre de l'économiste français Frédéric Bastiat : « Entre un mauvais et un bon économiste, voici toute la différence : l'un s'en tient à l'effet visible ; l'autre tient compte et de l'effet qu'on voit et de ceux qu'il faut prévoir. » Cette formule résume deux choses essentielles en économie politique : l'impossibilité de prévoir les conséquences indirectes et futures d'une action politique, et donc l'impossibilité pour quiconque de piloter consciemment le processus économique. Arrivés au premier tiers du livre, on comprend à travers les lignes que le préjudice des prélèvements abusifs de l'État n'est pas seulement la perte subie, c'est aussi le « gain manqué ». En effet, écrit-elle, « appauvrir quelqu'un en l'empêchant de s'enrichir le lèse autant que de le dépouiller. »

C'est la grande force du livre. Au-delà des chiffres saisissants du casse en lui-même, il s'intéresse à tout ce que les chiffres ne pourront jamais calculer. Parce qu'une fiche de paie ne montre que l'argent subtilisé, elle ne montre pas l'entreprise qui n'a pas été créée, ni l'enfant qui n'est pas né. Comme l'écrit Sarah Knafo : « Pensez au troisième enfant que vous n'avez pas eu, parce qu'à la fin du mois, on n'y arrivait pas. » Et ailleurs : « Aucune statistique ne compte les entreprises mortes avant de naître. »

Et c'est là un argument économique presque plus fort que les chiffres eux-mêmes. C'est susciter l'imaginaire, forcer l'exercice de pensée, imposer le raisonnement contrefactuel en économie. Finalement, le vrai coût d'un prélèvement, c'est ce que cet argent aurait permis de faire.

Sarah Knafo cite plusieurs exemples et plusieurs anecdotes tout au long de son livre. L'un des meilleurs reste celui de Milton Friedman sur l'autorisation sur le marché de certains médicaments. Ici, un régulateur sera « cloué au pilori s'il autorise un médicament qui provoque 100 morts. Mais s'il empêche celui qui aurait sauvé 100 000 vies, personne ne lui demandera jamais de comptes ». Ces vies-là « n'ont pas de nom, pas de visage ». Même raisonnement appliqué à un sujet hautement d'actualité : la voiture autonome interdite au nom du principe de précaution : « Quelques morts visibles pèsent toujours plus lourd [politiquement] que des milliers de morts invisibles. Alors on interdit. » Mais aucune statistique ne sera jamais disponible sur toutes les vies sauvées, les gains de productivité permis et les entreprises créées.

Le Casse du siècle est un livre qui nous apprend à prendre en compte ce qui ne peut pas être compté, à envisager toutes les utilisations possibles alternatives du capital. Bref, il nous apprend la notion du coût d'opportunité de l'action étatique sur notre vie. Rien que pour cela, le livre est une réussite.

Sarah Knafo, entre libéralisme et étatisme

L'enquête et le diagnostic que pose le livre sont donc libéraux, nul doute sur ce point. En revanche, le remède ne l'est qu'à moitié. Chaque piste de l'enquête explorée par Sarah Knafo se termine par une « résolution de l'affaire », qui n'est rien d'autre qu'un plan d'action politique, une partie de son programme politique. Et c'est là que le bât blesse, car dès qu'il s'agit d'agir, l'enquêtrice qui dénonce si habilement l'État est assez prompte à lui laisser les clés pour régler les problèmes dont il est lui-même la cause.

Sur l'énergie par exemple, elle appelle l'État à planifier pour relancer ce secteur par des investissements massifs : « Huit EPR doivent être commandés sans attendre ». En ce qui concerne la filière nucléaire, celle-ci « doit être sanctuarisée comme un bien stratégique que l'on n'a plus le droit de vendre à l'étranger » (Résolution n° 5). Ce programme est étatique : il sera nécessairement financé par l'impôt et la dette, donc d'une manière ou d'une autre par Nicolas. Ici comme ailleurs, Sarah Knafo semble vite oublier les coûts d'opportunité immenses à laisser l'État, et non le marché, gérer des secteurs aussi cruciaux. L'État navigue sans calcul économique, alors que le marché en fait sa boussole.

Sur le numérique, même logique. L'État doit « réserver sa commande publique à nos entreprises » (Résolution n° 7). Ici, la résolution n'est pas libérale, elle est protectionniste, et les mesures protectionnistes n'aident pas le contribuable, au contraire. Ce protectionnisme se paie toujours, et toujours par le consommateur : produits plus chers ou de moindre qualité que ceux de la concurrence.

Sarah Knafo dresse pourtant elle-même la liste des échecs de la planification étatique : « Le plan Calcul des années 1960 devait créer notre champion informatique : Bull n'a jamais rattrapé IBM. Le Minitel devait être notre Internet : nous avons pris dix ans de retard. Quaero devait être notre Google : 600 millions d'euros engloutis avec rien au bout. » Le « cloud souverain », lui, « on l'attend encore ». Après ce réquisitoire contre l'État stratège, elle souhaite pourtant lui confier la commande publique et la planification énergétique.

Sur l'université, même constat. Elle propose d'« introduire un numerus clausus sur les filières où la France produit chaque année beaucoup plus de diplômés que ce que le marché du travail peut absorber : les études de sociologie, par exemple » (Partie II, « Les complices »). Pourtant, elle attribue elle-même le manque de médecins au numerus clausus. Elle le supprime en médecine, où elle en a vu les dégâts, mais l'impose en sociologie : c'est toujours l'État qui décide combien de diplômés il faut. La seule solution libérale cohérente, c'est de laisser faire : abolir les numerus clausus, laisser les individus poursuivre, à leurs frais, les études qu'ils souhaitent et laisser les universités fixer leurs prix et sélectionner leurs étudiants. En dernière instance, c'est laisser le marché faire le tri fatidique.

Sur la sécurité, l'État de Sarah Knafo devient tout-puissant pour corriger sa propre impuissance. Pour reprendre les mots de Bastiat dans La Loi, la loi est « l'organisation collective du droit individuel de légitime défense ». Mais la sécurité sert souvent de prétexte pour étendre le pouvoir de l'État, et Sarah Knafo n'y échappe pas. Elle écrit : « La vidéosurveillance augmentée, l'analyse automatique des images, la reconnaissance des comportements suspects ont fonctionné pendant les Jeux. Elles doivent être déployées partout » (Résolution n° 3). Elle promet un plus grand respect des libertés publiques, et dans le même temps plus de capacités données à l'État pour « lire » et surveiller sa population.

À plusieurs reprises donc, Le Casse du siècle est un livre plein de dissonances. Celles-ci nous rappellent finalement une chose : il s'agit d'un livre politique préparant la future élection présidentielle, il dénonce ainsi les excès de l'État tout en capitalisant habilement sur le réflexe français de tout attendre de l'État.

Nicolas Durand, toujours prisonnier

L'État exerce une emprise importante sur nos choix quotidiens, sa prédation fiscale démesurée nous oblige à arbitrer, à renoncer à des alternatives pour en sélectionner d'autres. Presque jamais pourtant, dans le livre, Sarah Knafo ne propose le choix de la liberté aux individus.

L'exemple de la retraite donné dans le livre est certainement le plus parlant. Elle écrit à juste titre que les Français sont « ligotés » à ce système. Elle admet, quelques lignes plus loin, qu'à « cotisations égales, la capitalisation verse des pensions 3,5 fois plus élevées » que le système de répartition. On pourrait très bien conclure que face à un tel écart, nul besoin de perpétuer le modèle par répartition, pourtant il est toujours présent. Ainsi, même avec une bascule progressive vers la capitalisation, la cotisation reste obligatoire. Nicolas ne choisit ni le montant qu’il souhaite épargner, ni le gestionnaire de son épargne. Il n'a pas le choix. Il est captif quoi qu'il arrive.

Si ce constat est vrai pour la retraite, il l'est aussi pour l'école. Comme elle le détaille bien, en France, un foyer finance l'Éducation nationale même quand il n'est pas bénéficiaire du service. Soit parce que le foyer n'a pas d'enfants, soit parce que ceux-ci ne vont plus à l'école. Ici le contribuable paie pour un service dont il ne bénéficie pas. De plus, si Nicolas a des enfants et qu'il décide de les scolariser dans le privé, il finira par payer deux fois. Les familles restent captives d'un système défaillant duquel elles ne peuvent pas s'évader. La seule liberté que propose Sarah Knafo est de donner aux familles le choix de l'établissement, c'est une bonne chose. Mais ce n'est pas suffisant.

L'impôt reste obligatoire quoi qu'il arrive et Nicolas demeure captif d'un service qu'il n'a pas choisi. Cette question est posée, mais Sarah Knafo ne propose pas de solution de sortie à Nicolas. Pourtant, ce droit de sortie, c'est pouvoir cesser de payer immédiatement le service qu'on n'utilise plus ou qu'on ne souhaite pas utiliser. Dans la tradition libérale classique, cette possibilité de partir est une des plus grandes forces de discipline imposée à l'État : le pouvoir se modère quand on peut s'en aller, quand on peut arbitrer et que nous ne sommes pas captifs de son service. Elle demande simplement au pouvoir de se modérer tout seul, sans incitation externe.

Le paradoxe du livre sur cette question précise tient donc à la bonne intuition initiale de l'auteure qui n’est pas poussée à sa conclusion ultime. Elle a bien compris les outils qui peuvent permettre une révolution administrative : l'intelligence artificielle. Une « petite armée d'agents numériques est capable de lire et trier le droit à notre place », et « moins de dix juristes » et « une équipe d'ingénieurs » suffiraient à passer en revue tout le droit français.

Si Sarah Knafo souhaite utiliser l'IA pour faire le ménage dans les codes de procédure et les normes kafkaïennes de l'administration, il faut aussi comprendre que cette même technologie permettrait de faire ce qu'elle n'ose pas proposer : permettre à Nicolas de payer service par service. Permettre le choix, l'arbitrage, la liberté, la reprise en main de son capital et de l'allocation de celui-ci.

Le vrai casse du siècle : l'impôt caché de l'inflation

Il y a aussi un casse dont le livre ne parle presque pas, et c'est à n'en pas douter le plus important : la monnaie fiat et l'inflation monétaire. Pourtant, encore une fois, elle effleure le sujet du doigt sans pousser plus loin le raisonnement. Elle cite la bonne phrase, celle de Milton Friedman, sur les dépenses publiques : « Il faut garder l'œil sur une chose et une seule : combien le gouvernement dépense. Parce que c'est ça, le niveau réel d'imposition. Si vous ne payez pas les dépenses tout de suite sous la forme de taxes explicites, vous les payez sous la forme de l'inflation ou par la dette. »

Sur plusieurs pages, Sarah Knafo décortique avec habileté les impôts et la pression fiscale. Sur le sujet de la dette, elle lui consacre une seule section qui s'arrête trop tôt. Elle écrit que « la dette n'est pas une bombe à retardement », elle est pire que ça. Une bombe à retardement fait des dégâts quand elle explose, la dette fait des dégâts avant même d'exploser. Elle voit qu'elle pressurise les forces vives et monopolise de plus en plus le budget de l'État : « Nous payons presque autant pour rembourser le passé que pour construire l'avenir ». Tout y est, sauf la question qui fâche : qui permet ce système ? Qui fixe le prix de la monnaie ? Rien sur la BCE ni sur la politique monétaire, pourtant essentielle pour comprendre pourquoi Nicolas continue de s'appauvrir.

L'inflation monétaire, la monnaie fiat, le rôle des banques et de la banque centrale dans la création monétaire, elle ne les évoque pas. Jamais l'érosion de la monnaie n'est traitée comme un impôt caché qui impacte les revenus et l'épargne de Nicolas sans qu'aucune ligne de sa fiche de paie ne change. Rien n'explique que ce mécanisme a rendu le déficit indolore d'année en année. Jamais n'est évoquée cette perte de pouvoir d'achat ni même la cassure démocratique qui s'opère entre l'administration et les Français dès lors que l'État peut se financer d'une autre manière que par l'impôt.

Cet impôt caché de l'inflation monétaire est pourtant le prélèvement parfait. Il ne se vote pas et ne figure nulle part. Il finance la dette que Knafo dénonce, puisqu'un État qui peut virtuellement s'endetter à l'infini n'a aucune raison de dépenser moins et donc aucune raison de cesser d'empiéter sur la vie de Nicolas. C'est ici ce mécanisme monétaire et bancaire qui rend le casse plus facile, et permet de le rendre éternel.

Verdict de l'enquête : non-lieu pour l'État

Le livre de Sarah Knafo est un ovni dans les livres politiques de cette fin d'année 2026. C'est l'un des rares livres qui proposent une lecture libérale, bien comprise, des défaillances du système actuel. Le lecteur lambda y apprendra beaucoup de choses sur la réalité confiscatoire du système français mais aussi sur la manière de les analyser, par les chiffres ou par la pensée de toutes les opportunités manquées. Ici, le livre est un succès et il faut se réjouir que ces idées soient diffusées à plus de 265 000 exemplaires en six semaines.

En revanche, ce livre demeure le livre d'une politicienne qui s'engage dans la course à la présidentielle. Il ne s'agit donc pas d'un livre qui vise à dénoncer le système mais plutôt à laisser penser que celui-ci est réformable de l’intérieur en rétablissant des incitations saines. Sauf que ce n'est pas le cas, on ne peut pas insuffler à l'État l'esprit du marché, l'impératif du calcul économique. Comme le dit Sarah Knafo elle-même durant son enquête : l'État ne possède rien, tout ce qu'il possède, il le prélève aux classes productives. Cette réalité exclut logiquement de confier au voleur les clés de la prison dans laquelle Nicolas est toujours enfermé et à qui on refuse la sortie.

Retenons du livre la liste de lecture qu'il donne pour poursuivre tous les raisonnements commencés mais jamais terminés : Hayek, Bastiat, Friedman, Tocqueville, Sowell... Poursuivons la réflexion sur le véritable casse du siècle qui dépasse de très loin celui de l'impôt et de la dette : la monnaie fiat et les banques centrales.

La solution à ce grand casse du siècle doit être la grande évasion du siècle.

Donner le choix à Nicolas Durand.

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Dernière modification: 30 octobre 2026
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