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Le système financier mondial n’a rien d’un capitalisme de libre marché


Le capitalisme d’État détruit les marchés libres par le biais des banques centrales, des plans de sauvetage et de la capture réglementaire.
Auteur: Finn Andreen
Publié: 22 septembre 2026
Le système financier mondial n’a rien d’un capitalisme de libre marché

De nombreux Européens estiment que le système financier mondial actuel est le produit d’un capitalisme « sauvage » ou d’un libre marché « déchaîné ». Beaucoup estiment que le « capitalisme » est si fondamentalement vicié qu’il ne se contente pas de favoriser naturellement les riches et les initiés au détriment des gens ordinaires et des outsiders ; il serait également sujet à de tels excès qu’il échapperait à tout contrôle sans l’intervention protectrice des gouvernements et des institutions supranationales chargées de le remettre sur les rails.

Ces excès sont réels, mais ils sont à tort attribués au capitalisme. Dans son sens originel, le terme « capitalisme » désigne le capitalisme de libre marché et non le capitalisme d’État corporatiste. C'est l'une des principales raisons pour lesquelles le mot « capitalisme » a une si mauvaise connotation chez de nombreux Européens, y compris chez ceux plutôt favorables au libre marché. Pourtant, un peu de curiosité suffit pour comprendre que le système financier mondial actuel n’existerait pas dans un cadre libre.

Le système financier mondial est un capitalisme d’État

L’intervention de l’État, des banques centrales et des privilèges réglementaires a progressivement donné naissance à un système financier mondial qui concentre artificiellement le pouvoir entre les mains d’un petit nombre de grandes entreprises et institutions bénéficiant de solides connexions politiques. Au lieu de constituer un marché véritablement ouvert, des dispositifs comme le cours légal, les plans de sauvetage, les exigences de fonds propres et la capture réglementaire (c’est-à-dire la mainmise des acteurs réglementés sur les autorités chargées de les surveiller) visent à protéger les acteurs en place, à récompenser les acteurs « stratégiques » et à étouffer la concurrence indésirable. Ces politiques permettent aux grandes banques, aux gestionnaires d’actifs et aux institutions en connivence avec l’État d’accumuler une influence disproportionnée sur la richesse de la société — un résultat qui reflète des incitations structurelles et politiques, plutôt que la dynamique d’un marché libre.

Dans ce système capitaliste étatiste, la dépréciation monétaire provoquée par l’inflation de la masse monétaire transfère les richesses vers le haut selon l’effet Cantillon : les liquidités nouvellement injectées parviennent d’abord à l’État, aux grandes banques et aux institutions financières privilégiées, à des niveaux de prix inchangés ; l’inflation des prix qui en résulte ne touche les salariés et les épargnants disposant de revenus fixes qu’une fois que les prix ont déjà augmenté. Les marchés de valeurs mobilières sont artificiellement dopés par les liquidités bancaires et fréquemment manipulés afin de garantir des profits aux initiés.

Les banques centrales fixent artificiellement les taux d’intérêt ainsi que des objectifs d’inflation arbitraires, ce qui profite à l’oligarchie dirigeante occidentale, qui détient une grande part des richesses. Les droits de douane et autres mesures protectionnistes servent à bloquer certaines concurrences étrangères indésirables, au détriment des consommateurs ordinaires. La réglementation est également souvent utilisée pour dresser des obstacles qui protègent, dans différents secteurs, les acteurs dominants et déjà bien implantés.

Les cycles d’expansion et de récession sont la conséquence de l’augmentation de la masse monétaire en monnaie fiat évoquée précédemment. Lorsque l’économie est trop déformée par des investissements excessifs et une prise de risques inconsidérée, la liquidation inévitable des mauvais investissements qui s’ensuit touche souvent la majorité de la population, à son insu. Le but est de « privatiser les profits et socialiser les pertes ».

Beaucoup appellent ce système financier « capitalisme », alors qu’il n’a rien à voir avec le capitalisme de libre marché. Cela s'explique par un désintérêt pour la macroéconomie et la science politique, mais aussi par une propagande sophistiquée. Les outils modernes de contrôle de l’opinion incitent la majorité à réclamer encore davantage d’interventionnisme étatique, par exemple en demandant de nouvelles règles, comme des normes favorables aux établissements bancaires jugés « trop gros pour faire faillite ». Ces stratégies ont été perfectionnées au fil des décennies et sont devenues si efficaces que le public ne réagit plus lorsque, par exemple, ses gouvernements renflouent des banques qui ont scandaleusement profité des largesses du système à leur égard.

Le véritable capitalisme est le libre marché

Dans une économie de libre marché, il n’existe pas de monnaie fiat : seules circulent des monnaies saines, adossées à l’or ou à d’autres actifs solides, puisque le gouvernement ne peut pas créer de monnaie à volonté et que seules des monnaies saines peuvent se faire concurrence dans un environnement monétaire libre. Une telle économie ne repose pas sur des taux d’intérêt fixés artificiellement par les banques centrales, mais sur des taux naturels qui reflètent les préférences temporelles des acteurs économiques ainsi que l’offre réelle d’épargne.

Il n’y a donc pas d’inflation monétaire dans un marché libre, tandis que les prix évoluent à la baisse, au rythme de l’accumulation du capital et des gains de productivité. Toute banque qui tenterait d’émettre sans cesse des certificats monétaires et de pratiquer la banque à réserves fractionnaires prendrait des risques considérables, tant pour elle-même que pour ses clients. Dans le véritable système capitaliste, aucun droit de douane ne vient entraver les échanges en faisant grimper les prix pour les importateurs et les consommateurs. Les biens, les capitaux et la main-d’œuvre circulent librement dans l’ensemble de l’économie, des zones où la demande est moindre vers celles où elle est plus forte.

Au lieu de connaître de brusques cycles d’expansion et de récession, une économie de marché sans entraves traverserait parfois des ralentissements économiques naturels et localisés à mesure que certaines régions et certains secteurs gagneraient ou perdraient progressivement en importance. Les monopoles et les cartels ne pourraient pas se maintenir pour imposer des prix abusifs, car aucun gouvernement ne pourrait couvrir de telles pratiques.

Faire connaître le capitalisme

Ce qui précède ne constitue qu’un résumé limité du fonctionnement du système financier dans un marché libre. Ludwig von Mises l’a peut-être exposé de la meilleure manière, pour le grand public, dans son maître-ouvrage, L’Action humaine (1949). Dans cet ouvrage, Mises explique également comment l’économie de marché est constamment perturbée, entravée et rendue inefficace par les interventions étatiques.

Mises a bien résumé le système capitaliste d’État décrit plus haut :

« Cette nomenclature fautive ne devient compréhensible que si l’on se rend compte que les pseudo-économistes et les politiciens qui l’emploient veulent empêcher les gens de savoir ce qu’est réellement l’économie de marché. Ils veulent faire croire aux gens que toutes les choquantes manifestations de politiques restrictives des gouvernants sont produites par le « capitalisme ». »

Bien que le système financier actuel déforme gravement l’économie, il ne la désorganise pas complètement. La pression de l’opinion publique contribue à empêcher ou à retarder une dégradation plus importante des conditions économiques de la majorité, du moins en Europe. Toutefois, le public reste crédule face à la véritable nature du capitalisme d’État et reporte sa colère légitime sur des responsables politiques interchangeables.

Une partie de la population reste également insensible à l’injustice et à l’inefficacité du système financier actuel, peut-être parce qu’elle en retire certains avantages. Cette ignorance et cette indifférence empêchent la société de progresser librement. Il est donc nécessaire d’informer et d’éduquer le public, et d’échanger avec lui sur ces questions, afin d’avancer vers un capitalisme de libre marché.

  1. Ludwig von Mises, L’Action humaine. Traité d’économie, traduit de l’américain par Raoul Audouin, Paris, Institut Coppet, 2025, p. 220. ↩
École autrichienne
Monnaie
Ludwig von Mises
Économie
Propagande étatiste

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Dernière modification: 22 septembre 2026
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