Le Portugal vend 44,9% de TAP à Lufthansa après plus de 3 milliards d'euros d'aides d'État
Après 3,34 milliards d'euros d'aides d'État depuis 2020, l'État portugais va vendre 44,9% de TAP à Lufthansa pour 1,025 milliard d'euros, en conservant une participation de 50,1%.

Après 3,34 milliards d'euros d'aides d'État depuis 2020, l'État portugais va vendre 44,9% de TAP à Lufthansa pour 1,025 milliard d'euros, en conservant une participation de 50,1%.
Le 14 octobre, le gouvernement portugais a choisi le groupe Lufthansa pour acheter 44,9% de TAP Air Portugal pour 1 025 millions d'euros. Ce montant pourrait atteindre 1 201 millions d'euros si Lufthansa reprend aussi celles des 5% d'actions réservées aux salariés que ceux-ci n'achètent pas, ce qui porterait sa participation jusqu'à 49,9%. L'offre de Lufthansa était supérieure de 16% à celle d'Air France-KLM.
Depuis 2020, l'État portugais a injecté environ 3,34 milliards d'euros dans TAP, sous forme de prêts ensuite convertis en capital, d'indemnisations liées à la pandémie et d'augmentations de capital. Ce montant correspond globalement aux aides approuvées par la Commission européenne dans le cadre du plan de restructuration de 2021.
TAP a alterné entre privatisation et nationalisation. En novembre 2015, le gouvernement de Pedro Passos Coelho (Parti social-démocrate) a vendu 61% de la compagnie au consortium Atlantic Gateway, dirigé par Humberto Pedrosa et David Neeleman. En 2017, le gouvernement d'António Costa (Parti socialiste) est partiellement revenu sur la privatisation, en portant la participation de l'État à 50%, bien que les investisseurs privés aient conservé 90% des droits économiques.
La pandémie de Covid-19 a aggravé les difficultés financières de la compagnie, le trafic aérien et les recettes s'étant effondrés. En juillet 2020, l'État a racheté la participation de David Neeleman et pris le contrôle de 72,5% de TAP. En décembre 2021, la Commission européenne a approuvé le plan de restructuration, assorti de 3,2 milliards d'euros d'aides d'État, y compris les sommes déjà injectées depuis 2020. En contrepartie, TAP a dû renoncer à 18 de ses 300 créneaux à l'aéroport de Lisbonne et vendre ses activités de restauration aérienne et d'assistance en escale. Le plan s'est achevé en juin 2026, mais la compagnie a dû rembourser 25 millions d'euros à l'État pour n'avoir pas respecté son échéance.
Après des pertes de plus de 1 milliard d'euros en 2020 et 2021, TAP est redevenue bénéficiaire à la suite de la restructuration. Son bénéfice net en 2025 s'est élevé à 4,1 millions d'euros. Au premier semestre 2026, elle a enregistré une perte de 99,2 millions d'euros.
Une précédente tentative de vente d'une participation majoritaire, lancée par le gouvernement Costa en septembre 2023, n'a pas abouti. Selon l'accord désormais annoncé, l'État conservera 50,1%, Lufthansa détiendra entre 44,9% et 49,9%, et jusqu'à 5% des actions seront réservées aux salariés. Lufthansa assumera la direction exécutive et opérationnelle. Le Premier ministre Luís Montenegro a déclaré que le gouvernement pourrait mener à terme la privatisation totale de TAP d'ici 2028.
L'accord doit encore être approuvé par la Commission européenne. Le directeur général de Lufthansa s'attend à une autorisation sans difficultés majeures, les deux compagnies n'étant en concurrence directe que sur peu de liaisons. En 2024, lorsque Lufthansa a pris une participation minoritaire dans la compagnie publique italienne ITA Airways, ce qui lui a donné le contrôle conjoint de la compagnie avec le gouvernement italien, Bruxelles n'a approuvé l'opération qu'après une enquête approfondie et après que Lufthansa a accepté de céder des créneaux à des concurrents.
Au Portugal, le Parlement auditionnera le ministre des Infrastructures, Miguel Pinto Luz, sur la vente, à la demande de Chega. Chega, à droite, et le Parti socialiste, de centre gauche, s'opposent tous deux à la vente des 50,1% restants de la compagnie.
Berlin n'a aucun rôle direct dans l'opération. En septembre 2022, le gouvernement allemand a vendu ses dernières actions de Lufthansa, acquises lors du sauvetage de la compagnie pendant la pandémie.
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